Monday, March 21, 2016

A bite of chocolate – Un morceau de chocolat



Hello dear friends,
I received this story from a friend some time ago. Being half way between my 79th and my 80th birthday, like Jim in the story, I enjoy a wonderful dessert, especially if it's home made by Françoise. After all, life is short, eat dessert first!
Here is the story:

For those who understand, no explanation is needed. For those who do not understand, no explanation is possible. One day I had lunch with some friends. Jim, a short, balding golfer type about 85-years old, came along with them; all in all, a pleasant bunch. When the menus were presented, we ordered salads, sandwiches, and soups, except for Jim who said, "Ice Cream, please. Two scoops, chocolate." 

I wasn't sure my ears heard right, and the others were aghast. "Along with heated apple pie," Jim added, completely unabashed. We tried to act quite nonchalant, as if people did this all the time. But when our orders were brought out, I didn't enjoy mine. I couldn't take my eyes off Jim as his pie a-la-mode went down. The other guys couldn't believe it. They ate their lunches silently and grinned.
 
The next time I went out to eat, I called and invited Jim. I lunched on white meat tuna. He ordered a parfait. I smiled. He asked if he amused me. I answered, "Yes, you do, but also you confuse me. How come you order rich desserts, while I feel I must be sensible?"
 
He laughed and said "I'm tasting all that is possible. I try to eat the food I need, and do the things I should. But life's so short, my friend, I hate missing out on something good. This year I realized how old I was. (He grinned) I haven't been this old before. So, before I die, I've got to try those things that for years I had ignored."

"I haven't smelled all the flowers yet. There are too many trout streams I haven't fished. There's more fudge sundaes to wolf down and kites to be flown overhead. There are too many golf courses I haven't played. I've not laughed at all the jokes. I've missed a lot of sporting events and potato chips and cokes. I want to wade again in water and feel ocean spray on my face. I want to sit in a country church once more and thank God for His grace. I want peanut butter every day spread on my morning toast. I want un-timed long distance calls to the folks I love the most. I haven't cried at all the movies yet, or walked in the morning rain. I need to feel wind on my face. I want to be in love again. So, if I choose to have dessert, instead of having dinner, then should I die before night fall, I'd say I died a winner, because I missed out on nothing. I filled my heart's desire. I had that final chocolate mousse before my life expired."
 
With that, I called the waitress over... "I've changed my mind," I said. "I want what he is having, only add some more whipped cream!"
 
What a wonderful story! I hope it made you smile… This is my gift to you. We need an annual Friends Day! If you get this twice, then you have more than one friend. Live well, love much & laugh often, be happy.

The above picture by Françoise is her "Charlotte", her specialty for chocolate lovers… When Françoise asks our grand son Alexandre what kind of cake he wants for his birthday, his answer is the same every year, "une Charlotte". I don't know why she asks him anymore…

Happy Easter, with a bite of chocolate. Remember that while money talks, chocolate ice cream sings… The following true and touching story did not make me sing, it did make me cry. It's part of the film "HUMAN" by Yann Arthus-Bertrand who interviewed about 2,000 people around the world to make a unique document (Human le film); The lady in this short video is one of those 2,000:

A short joke, before leaving you: "If you see someone wearing camouflage, make sure to walk right into them so they know it's working."

Until next time,
Jack


Pour mes amies et amis francophones,
J'ai reçu cette petite histoire d'un ami il y a quelque temps. Étant moi-même à mi-parcours entre mes 79 et 80 coups à l'horloge, comme Jean dans cette histoire, j'apprécie un excellent dessert, en particulier un dessert fait maison par Françoise. Après tout, la vie est courte, commençons par le dessert !
Voici l'histoire :

Pour ceux qui comprennent, aucune explication nécessaire. Pour ceux qui ne comprennent pas, aucune explication n'est possible. Un jour des amis m'avaient convié à déjeuner. Jean, le type de vieux joueur de golf au cheveu rare, allant sur ses 85 ans, était de la partie ;bref, une charmante équipe. Quand les menus nous ont été présentés, nous avons commandé salades, sandwiches et soupes, sauf Jean qui a dit : « Glace au chocolat s'il vous plaît. Deux boules ».

Je me demandais si j'avais bien entendu, et les autres n'en revenaient pas. « Avec une part de tarte aux pommes », a ajouté Jean, totalement à l'aise. Nous avons fait de notre mieux pour ne pas montrer notre étonnement, comme si les gens faisaient comme ça tout le temps. Mais quand nos commandes sont arrivées, j'ai mangé sans appétit. Je ne pouvais pas m'empêcher de lorgner Jean avaler sa tarte et sa glace. Le reste de l'équipe n'en croyait pas ses yeux. Ils mangeaient en silence en faisant la grimace.
 
Une autre fois, alors que je voulais aller déjeuner quelque part, j'ai appelé et invité Jean. J'avais commandé une belle tranche de thon grillé. Il avait commandé un parfait ! J'ai souri. Il m'a demandé s'il m'amusait. Je lui ai répondu : « Oui, sans doute, mais je suis aussi totalement confus. Comment pouvez-vous commander des desserts aussi riches, alors que je pense que je dois faire attention ? »
 
Il s'est mis à rire et m'a dit : « Je veux goûter à tout ce qui est possible. Je m'alimente selon mes besoins et fais ce qu'il faut. Mais la vie est courte, mon ami, je m'en voudrais de ne pas en profiter. Cette année j'ai réalisé combien j'étais vieux (il a fait une grimace). Je n'ai jamais été aussi vieux auparavant. Alors, avant de mourir, Il faut absolument que j'essaye les choses que j'ai ignorées pendant des années ».

« Je n'ai pas encore senti le parfum de toutes les fleurs. Il y a beaucoup trop de torrents à truites où je n'ai pas pêché. Il y a bien plus de glaces aux fruits à avaler et de cerfs-volants à faire flotter au-dessus de ma tête. Il y a trop de terrains de golf où je n'ai pas joué. Je n'ai pas ri à toutes les blagues. J'ai manqué de nombreux évènements sportifs, de pommes-frites et de bières fraîches. Je veux de nouveau patauger dans l'eau et sentir les brins de la mer sur mon visage. Je veux m'asseoir dans une église de campagne une fois encore et remercier Dieu de sa bonté. Je veux du beurre chaque jour sur ma tartine grillée du matin. Je veux pouvoir appeler en longue distance mes copains préférés et bavarder avec eux sans limite de temps. Je n'ai pas encore pleuré à tous les films ni marché le matin sous la pluie. J'ai besoin de sentir le vent sur mon visage. Je veux tomber amoureux une fois encore. Alors, si je choisis de commander un dessert au lieu d'un plat de résistance et si je venais à mourir avant la tombée de la nuit, je dirais que suis mort en vainqueur, parce que je n'aurais manqué de rien. J'aurais comblé mon cœur de tous ses désirs. J'aurais eu cette ultime mousse au chocolat avant de rendre le dernier soupir ».
 
Après tout ça, j'ai rappelé la serveuse… : « J'ai changé d'avis » lui dis-je, « Je veux la même chose que lui, avec un plus un peu crème chantilly ! »
 
Une bonne histoire qui, j'espère, vous aura fait rire… Mon cadeau du jour. Il faudrait un jour dans l'année pour les amis ! Si vous recevez ce genre de message plus d'une fois, c'est que vous avez plein d'amis. Vivez bien, aimez beaucoup et riez souvent, soyez heureux.

La photo par Françoise en tête d'article est sa Charlotte, sa spécialité pour les amoureux du chocolat… Quand Françoise demande à notre petit-fils Alexandre quel gâteau il veut pour son anniversaire, sa réponse est toujours la même : « une Charlotte ». Je ne sais pas pourquoi elle continue à lui poser cette question…

Joyeuses Pâques, avec un morceau de chocolat. Souvenez-vous que si l'argent parle, une glace au chocolat chante… L'émouvante histoire vécue qui suit ne m'a pas fait chanter, mais elle m'a mis la larme à l'œil. C'est un extrait du film « HUMAN » par Yann Arthus-Bertrand qui a interviewé quelques 2000 personnes autour du monde pour réaliser ce document unique (Human le film) ; la femme de cette courte vidéo est l'une de ces 2000 personnes :

Une petite blague avant de vous quitter : Si vous voyez quelqu'un portant une tenue camouflée, rentrez-lui dedans, comme ça il sera convaincu que ça marche.

Jusqu'à la prochaine fois.
Jack


Friday, December 18, 2015

Happy Holidays – Bonnes fêtes



To all our friends, everywhere in this World, Merry Christmas and Happy New Year from Texas with this great folk song "The Yellow Rose of Texas" which was, for some time, as popular as an anthem, at least in Texas. The earliest known version is found in Christy's Plantation Melodies. No. 2, a songbook published in Philadelphia in 1853. The original lyrics have been written in a cross between the dialect historically spoken by African-Americans and standard American English. The song used the first person from the perspective of an African-American singer who refers to himself as a "darkey" longing to return to "a yellow girl," a term used to describe a bi-racial woman born part black and part white.

The legend goes for a beautiful "yellow girl" during the times of the war against Mexico in 1836 by the Texans to win their independence, nicknamed Rose. Her actual name was Emily West (1815-1891), also known as Emily Morgan, who became a folk heroine whose legendary activities during the Texas Revolution have come to be identified with the song "The Yellow Rose of Texas."

Born in Connecticut, Emily, a free woman of mixed race, was contracted in 1835 to James Morgan in New York to work as an independent servant for one year in Morgan's Point, Texas, at the New Washington Association's hotel as a housekeeper. On April 16, 1836, Emily West and other residents were kidnapped by the Mexican cavalry. She was forced to travel with the forces of General Antonio Lopez de Santa Anna as they prepared to face the Texan army led by Sam Houston, and was in the Mexican camp on April 21 when Houston's forces attacked. The Texans won the Battle of San Jacinto in 18 minutes, giving birth to the Republic of Texas.

According to the legend, Emily acted as a spy for Sam Houston, getting information on Santa Anna's military force and intentions, succeeding to seduce the Mexican General, making him busy when the Texans attacked, making Emily a heroin, suggesting that she fit the description of the girl in the popular folk song "The Yellow Rose of Texas". The story continued to grow, with many references to Emily West's beauty, the sweetest Rose of color as the legend took hold by the 1986 Texas Sesquicentennial.

After the Battle of San Jacinto, the real Emily West wanted to leave Texas, but the papers that declared her "free" had been lost. Major Isaac Moreland, commandant of the garrison at Galveston, vouched for Emily in her application for a passport. Emily possibly returned to New York in March 1837.

Part history, part legend? Who cares! One thing for sure, the song is pure folk music. Enjoy:   


Françoise and Jack


Pour les francophones:

À tous nos amis francophones de par le monde, joyeux Noël et bonne année du Texas avec cette vieille chanson du terroir « The Yellow Rose of Texas » (La rose jaune du Texas), qui, pendant un temps, fut aussi populaire qu'un hymne national, tout au moins au Texas. On en trouve la version la plus ancienne dans « Christy's Plantation Melodies No. 2 » (Les mélodies de la plantation de Christy, N° 2), un recueil de chansons publié à Philadelphie en 1853. Les paroles d'origine avaient été écrites en mélangeant un dialecte d'Américains noirs et l'Anglais tel qu'on le parle aux États-Unis. La chanson était à la première personne, dans laquelle le chanteur noir américain, se définissant comme bien noir, s'impatientait de revoir une « fille jaune », terme alors employé pour décrire une mulâtresse.

La légende parle d'une belle « fille jaune » pendant la guerre d'indépendance du Texas contre le Mexique en 1836, surnommée « Rose », de son vrai nom Emily West (1815-1891), également connue comme Emily Morgan, qui devint une héroïne par suite de ses activités légendaires durant cette guerre, dite Révolution du Texas, et qu'on a identifiée avec cette chanson, « The Yellow Rose of Texas ».

Née au Connecticut, Emily, mulâtresse ayant obtenu sa liberté et vivant à New York, se rendit en 1835 à Morgan's Point, Texas, suite à un contrat passé avec James Morgan pour tenir un hôtel de l'association New Washington. Le 16 avril 1836, Emily West et d'autres résidents furent kidnappés par la cavalerie mexicaine. Elle fut alors obligée de travailler pour les forces du Général Antonio Lopez de Santa Anna alors qu'elles se préparaient à faire face à l'armée texane de Sam Houston ; elle se trouvait dans le camp mexicain le 21 avril quand les soldats de Sam Houston attaquèrent. Les Texans gagnèrent la bataille de San Jacinto en 18 minutes, donnant naissance à la République du Texas.

Selon la légende, Emily agissait comme espionne pour Sam Houston, lui transmettant des renseignements sur la force militaire de Santa Anna et ses intentions, réussissant en outre à séduire le général mexicain, l'ayant rendu fort occupé alors que les Texans préparaient leur attaque, ce qui fit d'Emily une héroïne, suggérant qu'elle est la description de la jeune femme dans cette fameuse chanson populaire. L'histoire n'a fait que prendre du corps, avec de nombreuses références à la beauté d'Emily West, la plus tendre rose de couleur, ainsi que la légende s'est transmise jusqu'aux fêtes des cent cinquante ans du Texas en 1986.

Après la bataille de San Jacinto, la vraie Emily West voulait quitter le Texas, mais ses papiers prouvant qu'elle était libre avaient été perdus. Le Commandant Isaac Moreland, chef de la garnison de Galveston, a alors parrainé Emily dans sa demande de passeport. Elle serait retournée à New York en mars 1837.

Partie histoire, partie fiction ? Peu importe ! Une chose est certaine, la chanson est de la pure musique du terroir texan. Passez un bon moment : 
 

Françoise et Jack

Sunday, April 5, 2015

Military Times

         For a long time I had in mind to build a model plane of the aircraft I flew for over 400 hours in the Military. It was a Piper Super Cub L-18. Here it is… (span = 24"). Building this little guy reminded me lots of memories and fun moments. The L-18 was a light plane equipped with à flat-four 95hp Lycoming engine. A fantastic and simple machine, very forgiving of all the mistakes of their pilots…and even some abuse!  I learned that some guys did loops with these planes. I did not go that far, but I learned to do reversals: flying straight up in the sky after taking some speed, until the plane would slow down drastically, which did not take long because it was not a powerful plane, then, just before it stopped, I pushed one of the rudders to the floor to make the plane turn 180 degrees, then fall vertically towards the ground to gain speed, and gently pull the stick to fly horizontally again. I already had a pilot license before my military service. However, I had to start flying lessons all over again.  The military did not want to know whether or not I already had a license…  I had to start from scratch!  I spent four months in the army flying school.  We called our little squadron “P.A.F.” (Piper Air Force); this was not an official denomination -another student pilot came up with this name!  I remember this period as a very happy time in my life. I had nothing to worry about. I was flying every day, and when I wasn’t in the cockpit I was building model planes with other military friends (we had a fully equipped shop on the base at our disposal for this purpose). One of my buddies, an excellent pilot, managed to fly on a Nord 3200 aircraft used for training air force pilots, also on the same base. One day, he wanted to take pictures of the base from above, and thought this would be easier to do if he flew upside down. A few of the high-ranking officers did not appreciate this maneuver, and he was never again authorized to fly this marvelous machine. Finally I was granted my military pilot’s license and, on September 1st, 1961 I was transferred to a small ALAT (Army’s Light Air Force) base. Then, I had to handle various missions. It was overseas, a mountainous region with few roads and rare electric posts, and no specific regulations to tell us how to fly. We could fly the way we wanted and I soon enjoyed to fly very low, I mean VERY low, most of the time lower than trees. The L-18 was not a fast plane -130 mph maximum speed- I even made slalom runs around trees in orchards… I soon became very good at flying this way. Of course too low is too low, and I learned that one day another pilot touched a rock and came back to his base with only one wheel to land on…

My main job was to fly all over the region to deliver the mail to small, isolated military posts in the mountains.  There was no way to land, except on one post.  I had a private in the back seat, the window had to be open, and the private would drop the bag of mail when I told him to. The bags of mail were loaded with stones to make sure they would fall straight down, without getting taken away by the wind. 

There was one post where I could land (although I learned later that I was not supposed to do so!), the soldiers had made a pretty rough landing track on a field by their post.  I would land and my accompanying private and I would have a drink with the soldiers of the post. One day, the lieutenant of this post asked me a favor: take his visiting girlfriend for her first flight. I was not sure that was OK with the regulations -actually I was sure it was not- but the young lady was anxiously awaiting my answer, and so was the lieutenant. I could have said “No way!” I was the boss, like the captain of a ship…but I said “Fine” and took the girl for a short flight while my accompanying private had another beer (I guess, offered by the lieutenant)…

I better stop there, otherwise I'll have to write pages and pages because there are so many events –some of them hard to believe- that happened to me during my time as a military pilot. Simply said, I enjoyed very much this time of my life. I met great people, I made buddies for life. I'll never forget it. 

Before I let you go, here is a joke received from a friend:

It was raining and there was a huge pool of water in front of this Scottish pub. An older and dirty fellow in kilt was staying in front of the pool, under the rain, with his walking-stick at the end of which he had attached a string that ended in the pool.
           A guy, passing by, asked him what he was doing
- "I'm fishing" answered the old fellow.
Moved to pity, the guy invited the old fellow to come with him in the pub and have something to drink.
            While they were drinking, the nice man, ironically asked the old man how many he caught this morning?
- "You are the eighth one" said the old fellow.

 To celebrate the Eastern days, I found this marvellous 1969 gospel song by the Edwin Hawkins Singers : 



           Until another time,
           Jack

Bonjour les Francophones,

Depuis longtemps, je voulais construire une maquette de l'appareil avec lequel j'avais effectué plus de 400 heures de vol pendant mon service militaire : un Piper Super Cub L-18. Le voilà… (60 cm d'envergure). Cette construction a fait remonter de ma mémoire de nombreux et fantastiques moments. Le L-18 était un avion léger équipé d'un moteur 4 cylindres à plat Lycoming de 95 cv. Une machine à la fois simple et merveilleuse, pardonnant bien des fautes et même des abus de ses pilotes ! On m'a dit à cette époque que des jeunes pilotes faisaient des loopings avec cet appareil. Je ne suis pas allé aussi loin mais avais appris à faire des renversements : prendre le maximum de vitesse puis monter en chandelle, à la verticale jusqu'à ce que l'avion s'arrête presque et botter l'un des palonniers pour virer de 180 degrés afin de redescendre à la verticale pour prendre de la vitesse et tirer gentiment sur le manche pour retrouver un vol horizontal. J'avais déjà une licence de pilote avant mon service, mais il a fallu repartir à zéro. L'armée ne s'occupait pas de savoir si j'avais ou non une licence de pilote ! Le stage durait quatre mois. Nous appelions notre petite escadrille la P.A.F. (Piper Air Force) ; ce n'était évidemment pas une appellation officielle, un autre copain élève pilote avait fait cette trouvaille. Je me souviens de ce temps-là comme une très heureuse période de mon existence. Aucun souci particulier. Je volais tous les jours et, entre les vols, je construisais des maquettes d'avions avec d'autres amis pilotes, profitant d'un atelier totalement équipé mis à notre disposition sur la base. L'un de mes copains, voulant prendre des photos aériennes de la base, s'était arrangé pour voler sur un Nord 3200, normalement réservé aux élèves pilotes de l'armée de l'air avec qui nous partagions la base. Pour prendre ses photos, il avait pensé que le vol dos lui donnait beaucoup plus de visibilité. Malheureusement pour lui, certains officiers n'avaient pas apprécié cette manœuvre et il eut ensuite interdiction d'utiliser cette merveilleuse machine. Finalement, je reçus ma licence de pilote militaire et, le 1er septembre 1961, fus transféré à un petit détachement ALAT (Aviation Légère de l'Armée de Terre). Les missions étaient variées. C'était outre-mer, dans une région montagneuse avec fort peu de routes et de très rares poteaux électriques, et pas de règlements très spécifiques ni contraignants sur la façon de voler. Nous pouvions pratiquement voler selon notre bon plaisir et, généralement, à très basse altitude pour ne pas dire aux ras des pâquerettes (fort rares d'ailleurs dans ce coin du monde). J'en ai vite pris l'habitude et adorais voler de cette manière, allant même jusqu'à faire du slalom entre les arbres de vergers (véridique !). Le L-18 n'était pas un avion rapide (208 km/h maximum). Bien sûr, trop bas c'est trop bas et un jour, un pilote d'une autre base est revenu au terrain avec une seule roue pour se poser, ayant fracassé l'autre contre un rocher…

Mon principal boulot était de larguer leur courrier aux soldats isolés dans des postes des montagnes environnantes. Pas moyen de se poser, excepté près d'un poste sur un plateau. J'avais avec moi un 2ème classe sur le siège arrière, chargé de larguer les sacs quand je le lui disais après avoir ouvert la fenêtre, laquelle restait d'ailleurs presque tout le temps ouverte. Les sacs étaient chargés de quelques pierres afin de ne pas être entraînés par le vent durant leur chute. 

Je pouvais atterrir à un poste (bien que je n'étais parait-il pas censé le faire !), les soldats avaient aménagé un terrain de fortune dans un champ voisin. C'était court mais le Piper s'en arrangeait très bien et nous allions boire une bière au bar du poste. Un jour, le lieutenant en charge du poste s'est approché de moi car il avait quelque chose à me demander : donner le baptême de l'air à sa petite amie en visite… Je ne pense pas que c'était prévu au règlement (en fait j'étais certain que ce ne l'était pas), mais la jeune personne qui s'était approchée attendait anxieusement ma réponse, ainsi que le lieutenant. J'aurais pu tout simplement refuser. J'étais le patron comme le capitaine d'un bateau… mais je me suis laissé faire et ai offert un vol de quelques minutes au-dessus du poste à une passagère ravie de l'expérience, pendant que mon accompagnateur se tapait une bière supplémentaire (je crois, aux frais du lieutenant)…

Il vaut mieux que je m'en tienne là, sinon je vais en écrire des pages car il y aurait tellement à raconter, tant de souvenirs, quelques-uns difficiles à croire, durant cette période de mon service militaire. Période au cours de laquelle j'ai rencontré des gens peu ordinaires et fait des copains pour la vie. Je n'oublierai jamais ce temps-là. 

Avant de vous quitter, voici une petite blague reçue d'un ami :
           Il pleuvait averse et une grande flaque s'était formée devant ce pub écossais.
Un vieillard en kilt, déguenillé, était là, sous la pluie, avec une canne au bout de laquelle  
pendait une ficelle dont l’autre bout barbotait dans la flaque.
            Un passant, touché par ce qu'il voyait, l'approcha et lui demanda ce qu'il faisait là sous cette pluie battante :
- Je pêche, répondit le vieillard tout simplement.
            Pauvre bougre, pensa le brave homme qui invita aussitôt le vieillard à l'accompagner dans le pub pour se sécher au chaud et prendre une boisson.
            Alors qu'ils buvaient leurs whiskies à petites gorgées, le brave monsieur, pensant faire plaisir au vieillard, lui demanda, un peu ironique :
- Et alors, vous en avez attrapé combien depuis ce matin ? 
- Vous êtes le huitième .

Pour célébrer cette saison pascale, j'ai trouvé ce merveilleux spiritual enregistré en 1969 par le groupe "The Edwin Hawkins Singers" :

  

Jusqu'à une autre fois.
           Jack